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La lutte des enseignants en Algérie

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Par Hacen Ouali -

El Watan


Le conflit opposant les syndicats autonomes au ministère de l'Education a franchi une étape de non-retour. Le ministre de l'Education nationale, Boubekeur Benbouzid, a fait tout pour dresser l'opinion contre les enseignants grévistes. Il a mobilisé, à l'occasion, la justice, les partis de l'Alliance présidentielle et les parents d'élèves. Benbouzid, l'éternel ministre de l'Education, a osé menacer de dissoudre les syndicats relevant de son secteur. Comble de l'autoritarisme.

Ainsi, c'est tout l'appareil gouvernemental avec ses ramifications administratives qui se dresse contre des enseignants qui ne demandent que le droit à « une vie digne ». Alors que le gouvernement et ses relais, qui s'acharnent contre des instituteurs, se sont tus lorsqu'il s'agissait de la corruption et des détournements des biens de la collectivité nationale.

Face aux « assauts » du gouvernement. Partis et organisations ont tenu à exprimer leur entière solidarité avec les enseignants. Ainsi, pour le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (Laddh), Mustapha Bouchachi, il s'agit « d'une violation d'un droit constitutionnel qui est la grève. Nous pensons que le mouvement de protestation des enseignants est légitime dans le fond. Il l'est d'autant plus que la grève a respecté la procédure légale ».
Le président de la Ligue, tout en assurant la solidarité de son organisation avec les enseignants grévistes, a appelé à « l'amorce d'un dialogue entre les parties au lieu de faire dans la menace ».

Arbitraire et abus de pouvoir


Cette façon de traiter un conflit social « risquerait à l'avenir de créer une atmosphère de suspicion entre les enseignants et le ministre et cela va à l'encontre des intérêts des élèves », a ajouté Bouchachi, avant de rappeler que « la grève est un droit constitutionnel ».
Boudjemaâ Guechir, président de la Ligue algérienne des droits de l'homme (Ladh), lui aussi, s'est dit scandalisé par l'attitude du ministre de l'Education. Il a dénoncé le fait que « le pouvoir fait toujours appel à la justice pour régler les conflits sociaux ». « Menacer des enseignants d'une telle manière équivaut à une violence et un abus de pouvoir », a-t-il condamné.
Plus radical dans sa critique, le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Karim Tabbou, a assimilé la démarche des pouvoirs publics à un terrorisme d'Etat. « Nous assistons à un terrorisme d'Etat. Un gouvernement qui s'attaque à l'éducation est un gouvernement mal éduqué », a tranché le responsable du FFS.


M. Tabbou a dénoncé le recours permanent à la violence et au chantage social qui sont devenus une méthode de traitement des crises sociales. Les menaces du ministère de l'Education, « sont une autre preuve donnée par le gouvernement que la justice est aux ordres », a constaté M. Tabbou. Pour lui, la bataille des enseignants concerne toute la société. Et c'est en ce sens que ce dernier a lancé un appel à « une solidarité nationale avec les enseignants pour faire face aux menaces du gouvernement ».
Même sentiment d'indignation chez le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Boubekeur Derguini, chef du groupe parlementaire de ce parti, a qualifié les menaces de Benbouzid « d'arbitraires ».


Cette manière de faire « renvoie aux pratiques du régime qui consistent à apporter des réponses policières aux revendications politiques et sociales légitimes », a jugé le parlementaire du RCD. Il a, par conséquent, estimé que « l'acharnement du ministre ne réglera jamais les problèmes, d'autant que les revendications avancées par les syndicats sont salutaires pour le secteur de l'éducation ».




18/04/2011
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